Biographie MR CHAU Xéng Ua

chaoCHAU XENG UA
(1927- 20XX)

Une tête bien faite
CHAU Xéng Ua est une des grandes figures de l’intelligentsia khmère.
Par ses études, ses diverses fonctions dans l’administration
et ses activités civiques, spécifiques et politiques, il occupait une place importante sous les régimes monarchique et républicain.
Etudiant à Paris dans les années 50, il avait eu l’audace d’affronter
le redoutable Norodom Sihanouk ce qui lui valait plus d’un an de ‘chômage’ une fois rentré au pays.
Homme de conviction et grand patriote, il soutint la politique du
maréchal LON NOL après la déposition de Sihanouk par les deux
assemblées réunies en congrès le 18 mars 1970.

La famille

famille chao (Copier)CHAU Xéng Ua naît le 5 août 1927 à Triton (Svay Ton), Chaudoc(Meatchrouc), Cochinchine française (Kampuchea Krom). Il est l’aîné des quatre enfants de SAM Nom, exportateur de paddy à Saigon et de Neang Lean.
En 1958 il épouse Melle UY Santhat qui lui donnera quatre enfants : Mom Vorac Mony, Mom Sothy, Krisna et Rithy.

Les études
Comme la plupart des enfants khmers CHAU Xéng Ua apprend à
lire et à écrire le cambodgien à la pagode. Au début des années
30, il fait ses études primaires avec les jeunes Vietnamiens àTriton.
En 1942, il monte à Phnom Penh et achève le cycle élémentaire à
DOUDART de La Grée, une école jouxtant le palais royal. Il entre
ensuite à l’école normale. Après y avoir passé quatre ans il est
admis en classe de seconde (année scolaire 1948-49) au lycée
Sisowath où il fera de bonnes études. CHAU Xéng Uaest un élève
très brillant. A la fin de l’année scolaire il bénéficie d’une bourse du
1er gouvernement démocrate pour poursuivre  ses études
secondaires et supérieures en France.
Son voyage Saïgon – Marseille (4ème classe) s’effectuera en bateau.
Quant à ses frais ils seront à la charge de l’office des étudiants
cambodgiens.
Le 03 août 1949, CHAU Xéng Ua s’embarque à Saïgon sur la
Jamaïque qui fera voile pour Marseille. Ce long périple à travers
les océans durera un mois. La Jamaïque fait plusieurs escales :
Singapour, Djibouti, Port Saïd. Elle traverse le canal de Suez et
arrive à Marseille à la fin du mois de septembre où il restera trois
jours à l’hôtel avant de gagner Paris par le train.
A la capitale, il est accueilli par un représentant du ministère du
territoire d’outre-mer et un de nos compatriotes,M.YEM Sarong,
membre de l’Association des Etudiants Khmers (A.E.K).

En 1949 c’était la France de l’après guerre. Le pays manquait de
tout, en particulier des produits alimentaires. Le gouvernement
maintenait encore le rationnement : du pain blanc, du chocolat,
du tabac etc. Comme il manquait cruellement de logements à la
capitale, on l’avait logé dans une chambre d’une maison à Bourg
La Reine, une banlieue sud à une dizaine de kilomètres de la porte
d’Orléans. Ce n’est que deux ans plus tard qu’il avait trouvé une
chambre à la cité universitaire dans le quatorzième arrondissement et qu’il partageait avec M.UM Samouth. C’est à Paris qu’il a  son baccalauréat de philosophie de la faculté des lettres de l’Université de Paris et sa licence en sciences sociales en 1956.
Une fois rentré au pays, CHAU Xéng Ua continua ses études à
temps partiel à la faculté de droit et des sciences économiques
à l’Université Royale à Phnom Penh. Il obtint son doctorat en
économie au mois de mai 1965.
Notons qu’avant l’arrivée de CHAU Xéng Ua en France il y avait
déjà des étudiants khmers à Paris et en province dont les deux
figures les plus connues étaient Sisowath Youtévong et Ea SiChau.

Le premier était titulaire du diplôme de doctorat ès sciences mathématiques en 1941 le second diplôme des hautes  études
commerciales. Ironie du sort, les deux mouraient prématurément
: Youtévong à l’âge de 34 ans, Ea Si Chau 39
EN 1946 fut créée à Paris une Association des Etudiants Khmers
(A.E.K). Son premier président était EA Si Chau. C’était un centriste,
un nationaliste pur, un progressiste et un homme très tolérant.
Il menait cette association jusqu’en 1950, date de son retour
au Cambodge. Sous sa présidence nos compatriotes s’entendaient
bien. Une très bonne ambiance régnait au sein de notre communauté.
L’A.E.K commençait à se lézarder peu de temps après l’arrivée de
SALOTH Sar (futur POL Pot) et IENG Sary au début des des
années 50.
Ces deux éléments perturbateurs d’obédience communiste passèrent
tout leur temps à faire de la politique. Ils ne fréquentèrent que des
étudiants communistes et semèrent la zizanie au sein des étudiants
khmers. En 1953, à la demande de Norodom Sihanouk qui était alors
roi du Cambodge, cette association fut dissoute.
Une autre association vit le jour : c’était Communauté Khmère
d’Outre Mer (CKOM) dont CHAU Xéng Ua fut élu président en 1955.

Les fonctions successives
1) A l’intérieur du pays
Avec une licence ès sciences sociales en poche, CHAU Xéng Ua
rentre au Cambodge le 09 janvier 1956. Il cherche du travail
pendant plus d’un an mais vainement. A cette époque les étudiants
fraîchement rentrés de France n’ont aucune difficulté pour
trouver un poste dans l’administration. Le cas de CHAU Xéng Ua
est un peu spécial car il est connu comme un adversaire politique
du prince Sihanouk. Finalement le 1er mai 1957, il est nommé
inspecteur adjoint du travail et remplira successivement les fonctions administratives suivantes :
-Secrétaire général de l’Exposition Nationale des produits locaux
du Cambodge.
-Chef de cabinet du ministère de l’Information du Cambodge.
-Inspecteur du placement, des affaires paysannes, des fermes et
centres du Cambodge.
-Chargé des travaux spéciaux au ministère de commerce.
Parallèlement à ses activités administratives, CHAU Xéng Ua
donne aussi les cours de Droit du travail et de l’Economie politique
à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques, à la
Faculté des Sciences commerciales et à la Faculté de Génie Civile
à Phnom Penh ( 1963-1972).
En 1962, CHAU Xéng Ua est élu député à l’Assemblée Nationale
dans la circonscription de Kompong-Thom pour un mandat de
quatre ans (1962-1966). Il est ensuite nommé Président de la
Commission des Affaires Sociales, de la Santé Publique et de
l’Education Nationale, et Président de l’AssociationParlementaire
de l’Amitié Franco-Cambodgienne.

EN 1969, il est nommé Secrétaire d’Etat à l’Action Sociale, au Travail, à l’Emploi, à la Main d’oeuvre , à la Mise en valeur des terres, au Développement Communautaire et à l’Habitat Rural dans le gouvernement de sauvetage nommé par le prince Sihanouk et qui succède au gouvernement précédent dit « de la dernière chance » dirigé par M.PENN Nouth.
– 190 – – 191 -De 1970 à 1972, il est Ministre des Affaires Sociales, du Travail et de l’Emploi.
En tant que Ministre, il fera beaucoup d’efforts pour
moderniser son ministère en préconisant des nouvelles méthodes de travail et en lui dotant d’un code de travail qui prévoit l’institution d’organismes tels que les délégués du personnel, l’amélioration des conditions de travail, l’augmentation des durées de préavis, les congés payés, les indemnités de licenciement, la création d’un régime d’assurance obligatoire des accidents de travail etc.
2) A l’extérieur du pays
En juin 1973, CHAU Xéng Ua quitte le Cambodge pour venir travailler à Genève en tant que fonctionnaire international au
Bureau International de Travail (B.I.T). Il y restera jusqu’en 1977.
De 1977 à 1983, il est nommé professeur associé en sciences économiques à l’université de Dijon.
A la fin de l’année universitaire
1983, il est envoyé par le
gouvernement français en tant que coopérant français au Niger. Nommé professeur en Sciences
Economiques à l’Université de NIAMEY (Niger-Afrique), il y restera jusqu’à son départ à la retraite en août 1992.

Les activités spécifiques, civiques et politiques
De 1959 jusqu’à sa nomination en 1973 comme fonctionnaire
international au B.I.T, ses activités à l’étranger sont multiples :
Mission aux Etats-Unis, Séminaires, Rencontres internationales,
Meetings régionaux, Négociations diplomatiques et politiques.

Missions aux Etats-Unis (1959)

Commencé le 14 juin, le voyage de CHAU Xéng Ua aux Etats-Unis
durera trois mois (de juin à septembre). C’est un voyage très intéressant,instructif et enrichissant. Il parcourt presque les deux
tiers du pays : l’Est, le Sud et l’Ouest. Son déplacement se fait en
avion, en train et en voiture. Il visite plusieurs villes
importantes,
les industries, les fermes, l’industrie cinématographique
à Hollywood et les universités où il donnera plusieurs conférences.
Les questions souvent posées portent surtout sur les
institutions
du mariage, le choix du mari, les relations entre les
riches et
les pauvres etc.

En voici l’itinéraire :
CHAU Xéng Ua quitte Phnom Penh le 14 juin, à bord d’un avion de la compagnie Air France. Après plusieurs escales – Hongkong, Tokyo, Honolulu, et San Francisco- il arrive à Washington DC le 20 juin où il est fort bien accueilli par les officiels américains. Il y restera une dizaine de jours et ne commence sa visite qu’à partir du 30 juin.
Parti de Washington et accompagné d’un interprète du
Département d’Etat, il visite Pittsburgh Pennsylvania le 30 juin,
Greencastle Indiana le 02 juillet puis prend l’avion pour Ohio et
Tennessee. Après Tennessee, il s’envole pour Georgia, Alabama,
Mississipi, New Orléans et Floride (fin juillet). Ensuite il revient
à Washington le 02 août, reprend l’avion pour Dallas (Texas),
visite le Grand Canyon à Arizona et arrive à Los Angeles le 19. Le
22, il est à San Francisco et le 30 à Colorado. Du 1er au 17 au septembre,
il visite successivement Chicago, Buffalo et New York. Le 18, il prend l’avion pour Paris en route pour le Cambodge.
Que de milliers de kilomètres parcourus !

Conférences internationales :
1) De décembre 1964 à février 1965, CHAU Xéng Ua fait partie
de la délégation cambodgienne à la session ordinaire à l’Assemblée
Générale de l’ONU à New York en tant que représentant
de l’Assemblée Nationale du Cambodge.
3) En janvier 1967, il dirige la délégation cambodgienne à la
conférence internationale sur le droit d’auteur à New-Delhi.
4) Il dirige la délégation aux conférences internationales du
travail à Genève ( juin 1970, juin 1971 et juin 1972).
Séminaires :
En juin et juillet 1968, il dirige une délégation khmère aux
séminaires
sur l’Inspection du Travail à Genève, Moscou et Minsk.
Conférences régionales :
De septembre 1970 à décembre 1971, CHAU Xéng Ua dirige la
Délégation cambodgienne aux diverses conférences suivantes :
-Conférence des Responsables des Affaires sociales des pays
d’Asie à Manille (septembre 1970).
-Conférence sur le planning familial des pays de l’Asie du Sud-
Est à Kuala Lumpur (octobre 1970).
-Conférence des Ministres du Travail de l’Asie à Séoul (septembre
1971).
-Conférence régionale du travail à Téhéran (décembre 1971).

Négociations diplomatiques et politiques :

chao3 (Copier)

1)En mai 1970, il seconde le Ministre des Affaires Etrangères à la négociation de l’établissement des relations avec le Sud-Vietnam.
Au cours de ces entretiens plusieurs questions politiques
intéressant
les deux pays ont été soulevées.
2)En juin 1970, il préside en tant que représentant du
gouvernement
khmer, la négociation avec la République du Vietnam sur la question des Vietnamiens résidant en territoire khmer.
Les activités post-retraite :
CHAU Xéng Ua a pris sa retraite en août 1992. Mais c’est un
retraité actif qui se soucie toujours de l’avenir de son pays. Il ne
vit pas isolé et entretient toujours de bonnes relations avec ses
compatriotes. Il participe aux conférences, aux débats sur le
Cambodge, aux manifestations culturelles et suit régulièrement
la situation de sa chère patrie.
En tant qu’ ancien ministre et député sous les régimes monarchique
et républicain, il est le mieux placé pour connaître les causes de la déposition de Norodom Sihanouk (18 mars 1970) et de la guerre qui s’ensuivait.
En 2003, il a publié deux témoignages
extrêmement importants sur ces deux évènements et, ce pour éclaircir l’opinion internationale et nationale, et réfuter les écrits de certains journalistes
occidentaux et de certains auteurs
des livres du Cambodge des Khmers rouges continuant de qualifier la destitution de Sihanouk de « coup d’état » et la guerre de 1970-75 de guerre civile.
En voici quelques passages :
Il n’y a pas eu de « coup d’état » du Maréchal LON Nol contre le prince Norodom Sihanouk, mais celui-ci a été destitué de ses
fonctions de Chef de l’Etat par un vote unanime (92 voix pour, 0
contre et 0 abstention du Parlement cambodgien (Assemblée Nationale et Conseil du Royaume) comme le dénouement d’une
crise politique que Sihanouk avait lui-même rendu insoluble…
…La crise politique Sihanouk-Gouvernement était donc devenue
sans issue possible à l’amiable. Pour faire face au danger mortel
pour le pays, il fallait mettre un terme à cette situation. Les deux
Chambres du Parlement khmer se réunirent en congrès le 18 mars à l’Assemblée Nationale et décidèrent de retirer leur confiance du Chef de l’Etat et, par voie de conséquence, de le destituer de ses fonctions conformément à la constitution en vigueur à cette époque…. ..La journée du 18 mars fut d’ailleurs très calme à Phnom Penh où n’eurent lieu aucun incident ni aucune effusion de sang…
– 194 – – 195 -…En réalité, il y eut une agression étrangère
caractérisée contre le Cambodge ą partir du 29 mars 1970, mais elle fut le fait des forces Vietcong/nord vietnamiennes infiltrées en
territoire khmer depuis le début des années 60. Cette agression fut déclenchée sans ultimatum et sans déclaration de guerre.
Le Vietcong et Hanoē avaient retiré tout leur personnel diplomatique de Phnom Penh le 27 mars 1970. Et pour cause, puisque le Vietcong et Hanoē niaientcontre toute évidence-la présence de leur troupes et l’existence de leurs « sanctuaires » au Cambodge, alors que le prince Sihanouk les avait, lui-mźme dénoncés en 1968 et1969.
« Les communistes vietnamiens s’infiltrent de plus en plus chez nous. Je ne peux plus les cacher. Il est temps que l’opinion mondiale le sache », déclare le prince Sihanouk dans une conférence de presse ą Phnom Penh le 28 mars 1969.
…Il ne pouvait avoir de « Guerre civile » dans ce pays en 1970 pour la simple raison que Sihanouk ne disposait d’aucune troupe ą ses ordres aprŹs sa destitution le 18 mars.

Quant aux Khmers rouges, ils ne comptaient pas ą cette époque- leur mouvement ayant été complŹtement laminé par les trois années de répression de Sihanouk ( en1967,68 et 69).
…En 1970, 1971 et 1972 jusqu’ą la signature des accords
de Paris sur le Vietnam du 27 janvier 1973, les forces
gouvernementales cambodgiennes n’eurent donc en face d’elles que les forces étrangŹres Vietcong et Nord-Vietnamiennes…
Ce n’est qu’aprŹs les accords de Paris queles forces composées
de Khmers rouges apparurent sur les théČtres d’opérations
cambodgiennes…
Les Khmers rouges, créatures des communistes vietnamiens étaient d’ailleurs peu nombreux et ils n’avaient pu rien faire en 1973 et 1974 sans le soutien logistique des forces communistes vietnamiennes restées au Cambodge en violation de l’article 20 de ces accords…
…En résumé, le mythe d’une « Guerre Civile » a été fabriqué de toute pièce par Hanoï et son satellite, le Vietcong, pour camoufler
l’agression de leurs forces contre le Cambodge en 1970. Les témoins gênants, comme les 32 journalistes étrangers disparus, ont été purement et simplement ‘liquidés’. Malheureusement, l’opinion occidentale s’est laissé abuser par de grands médias,souvent très orientés dans un sens favorable aux Communistes Vietnamiens ‘ anti-impérialistes’. Le mythe perdure aujourd’hui et la vérité historique travestie depuis des années, sera difficile à rétablir. Cependant, il est très important que la jeunesse khmèreapprenne l’Histoire authentique de son pays.

Octogénaire,
CHAU Xéng Ua n’est pas atteint de sénilité. Il est en bonne santé
et vit modestement avec sa femme en banlieue Est de Paris.
D’une complexion robuste, il pourrait parvenir à une grande
longévité.

ATHIS MONS le 06 Mars 2013
CHUTH Khay

La vérité sur une fausse guerre civile au Cambodge           

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