Ennemi héréditaire : les Vietnamiens

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Le contexte historique et culturel
Après des années de tourmente, les Khmers se perçoivent facilement comme des victimes de menaces venant de l’extérieur en particulier du dernier occupant et « ennemi héréditaire »: les Vietnamiens .
Les menaces vietnamiennes sont vécues essentiellement dans quatre domaines :

  • Géopolitique : le grignotage aux frontières ;
  • Politique       : la  présence  supposée d ‘experts, d ‘espions, l’infiltration jusqu’aux plus hauts niveaux de l’appareil d’État ;
  • Économique: le pillage des ressources premières (bois, poissons, caoutchouc);
  • Culturel : l’importation de mauvaises manières de se comporter qui dégradent la culture khmère, en particulier par la prostitution.

Aperçu historique
Les Vietnamiens sont au Cambodge depuis le début du 17ème siècle. Lors de son mariage avec une princesse de la cour d’Annam, le roi khmer Chei Chetha (1618-1628), a donné à des colons vietnamiens l’autorisation de s’installer dans le delta du Mékong pour deux siècles. Les Vietnamiens sont d’abord restés sur les rives des cours d’eau puis progressivement se sont installés dans l’intérieur de ce qui était le Cambodge. La conquête du Sud par les paysans vietnamiens a précédé, en Cochinchine, le contrôle militaire. Parallèlement , une organisation administrative des nouveaux territoires (registres, communes, mandarins), s’est mise en place ainsi qu’une occupation particulière de l’espace.
Dynamiques, les populations vietnamiennes mues par des conduites de conquête, ont
sugérer à leur profit les autorisations qu’on leur donnait. Une fois majoritaires, elles se sont appropriées le territoire qu’elles ont mis en valeur, en particulier par des travaux d’irrigation.

Frontière
Mis en veilleuse à l’époque coloniale puis au cours des deux conflits du Vietnam, le contentieux entre les deux États connaît une brusque résurgence à partir de 1975. C’est au cours de l’occupation qui s’ensuit que sont conclus divers traités frontaliers (1982, 1983 et 1985). Signés entre le Vietnam, d’une part, et l’entité non reconnue par l’ONU qu’était alors la République Populaire du Kampuchéa (RPK), de l’autre, d’autant plus que le Cambodge était alors occupé par les troupes vietnamiennes. Bien que des négociations se poursuivent actuellement entre les deux États, la situation sur le terrain se caractérise par la récurrence d’incidents plus ou moins graves opposant les gardes-frontières des deux pays, notamment autour de la région de Xvay Riêng, où se situe le fameux « bec de canard ». Ces négociations achoppent sur plusieurs points sensibles, qui sont d’ordre technique, telles les différences existant entre le tracé de la carte dressée par les services cartographiques de l’Indochine en 1954 et la réalité du terrain, ou d’ordre politique, tels l’immigration vietnamienne sur le terrain au Cambodge.

Video montrant  le grignotage aux frontières par les Viets